Grèce: les réponses du tiers secteur

Le secteur public grec étant incapable de fournir une aide suffisante à ceux qui souffrent de la crise économique, des initiatives du tiers secteur cherchent à combler l’écart avec des nouveaux modèles d’entrepreneuriat social.

Un changement récent dans la législation grecque permet la promotion de nouvelles initiatives sociales pour encourager l’entrepreneuriat. Un nouveau cadre pour l’économie sociale et l’entrepreneuriat social a été inscrit dans la loi en septembre 2011. Entre autres dispositions, la loi a crée une forme juridique distincte de l’entreprise coopérative sociale – une coopérative civile à une cause sociale avec une capacité entrepreneuriale. Un registre général de l’économie sociale a été créé en février 2012.

« La défi le plus difficile à relever est la viabilité de projets sociaux et le développement du secteur de l’entrepreneuriat social en Grèce, puisqu’il n’est pas encore très bien connu par les entreprises », selon Konstantina Zoehrer, directrice et cofondatrice de Loft2Work, un réseau d’économie sociale.

Loft2work collabore avec les autorités régionales en Crète pour mettre en place un espace d’économie sociale entrepreneuriale qui sera auto-suffisant et axé sur l’impact. Zoehrer dit qu’il y a une économie sociale bien développée sur l’île de Crète mais elle ajoute: « Certaines initiatives sont informelles ou en milieu communautaire et en sont encore à leurs premiers pas. »

Pendant ce temps, quelques-unes des organisations philanthropiques plus traditionnelles mettent en place des mesures pour aider à atténuer les effets de cette crise à la fois économique et sociale.

« Le processus a été très difficile, la crise n’a pas seulement exacerbé la demande de soutien, mais elle a également mis de l’avant un ensemble entièrement nouveau de questions telles que l’itinérance et la sous-alimentation, que ni la population locale ni le secteur à but non lucratif a la capacité et le savoir-faire pour traiter efficacement », a déclaré Lenia Vlavianou de la Fondation Stavros Niarchos.

Des nouveaux osbl sont aussi apparus pour faire face aux difficultés économiques. Par exemple, Desmos, une fondation créée en novembre 2011, fournit aux organisations de bien-être du soutien en liquidité ou sous autres formes pour améliorer l’efficacité dans les processus de dons en Grèce.

À ce stade-ci, l’impact de ces nouvelles initiatives est difficile à juger. Comme le développement du secteur de l’entreprenariat social est encore naissant, les résultats, tant pour la société grecque et l’économie grecque, restent à voir. Mais le rythme de croissance indique que ce nouvel esprit social et d’économie solidaire fournit au moins un peu d’espoir d’alléger les difficultés récentes du pays.

Vlavianou de la Fondation Stavros Niarchos exprime aussi un optimisme prudent quand il s’agit de l’impact des récents investissements de la fondation. « Bien que nous aimerions dire que notre soutien a eu un impact immédiat, il est trop tôt pour tirer des conclusions et nous réservons notre jugement jusqu’à ce que nous ayons eu l’occasion de passer par un processus d’évaluation » dit-elle. « Toutefois, depuis le début de l’année et dans le cadre de cette initiative, la FNS s’est engagée pour des subventions totalisant environ 28 M € pour soutenir de nombreux osbl à travers le pays, notamment en fournissant un soutien aux sans-abri et de l’aide alimentaire dans les écoles – des programmes qui ont immédiatement et directement aidé nos concitoyens ayant les plus grands besoins ».

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