Création d’un Ministère pour l’économie sociale et solidaire en France

Le nouveau président français, François Hollande, a nommé dans son gouvernement un Ministre délégué à l’Économie Sociale et Solidaire, Benoît Hamon. Le gouvernement Jospin avait, en 2000, nommé un Secrétaire d’État chargé de l’Économie Solidaire. Cela dit, la nomination d’un Ministre délégué est une grande première. C’était une vieille revendication des milliers de bénévoles et salariés de ce secteur. Le signal est d’autant plus fort que le ministère en question est rattaché au puissant ministère de l’économie et des finances.

L’Économie Sociale et Solidaire est traditionnellement ancrée en France de par les coopératives, les mutuelles, les associations et les fondations. Selon l’étude menée par le Comité Économique et Social Européen (CESE) « L’économie sociale dans l’Union Européenne, 2007 », le secteur de l’économie sociale génère, en France, deux millions d’emplois direct dont 440 000 dans le secteur coopératif. Selon Benoît Hamon, l’économie sociale et solidaire est un secteur « extrêmement dynamique » et est à l’origine de 10 % de la richesse créée en France.

Son rôle, a-t-il expliqué, sera d’organiser « une stratégie à partir de ce ministère et lui donner les moyens en terme de politique publique ». Il a indiqué que l’économie sociale et solidaire recouvrait « deux notions qu’on a tendance à opposer », mais a estimé qu’on pouvait « être parfaitement capable d’être un secteur concurrentiel et en même temps utile socialement ».

Plusieurs programmes sont déjà prévus: le programme emplois d’avenir sera mis en place et consiste à faciliter l’embauche d’au moins 150 000 jeunes. Il y a une volonté de « déprécarisation » du secteur associatif dans lequel on retrouve beaucoup de contrats temporaires. Une banque publique d’investissement sera créée « assez rapidement » ; il servira « d’instrument de soutien aux politiques industrielles le plus tôt possible pour soutenir les PME innovantes pour opérer la transition énergétique et soutenir le secteur des énergies renouvelables, mais aussi pour contribuer au financement de l’innovation sociale ».

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